Sauvé par son meilleur… ennemi !

L'histoire parue en décembre 2003 nous en a rappelé une autre, à peine croyable, et pourtant vraie.
Si vous pensez que cela mérite d'être membre d'honneur c'est Chaï, notre chat, qu'il faut mettre sur le podium.

Notre jardin est entouré d'une clôture d'à peine un mètre de hauteur, avec en son centre un bassin où viennent régulièrement se désaltérer oiseaux, chats, hérissons et autres. Une petite marche leur évite de se noyer s'ils tombent à l'eau. Nous avions un chat siamois, Chaï, extraordinairement intelligent et bavard comme nombre de ses congénères.

Adorable avec nous, c'était un terrible guerrier qui avait un sens très net du respect qui lui était dû et des limites de son territoire: les chattes étaient autorisées à venir boire au bassin et ensuite à continuer leur chemin en traversant son domaine; les mâles pouvaient boire mais devaient faire demi-tour et s' en retourner d’où ils étaient venu. S' ils n'obtempéraient pas, il les rossait à nous en faire honte et il les reconduisait au point de passage, sans cependant jamais sauter la petite clôture pour une ultime poursuite. Il toisait les chiens, au pire faisait un peu le gros dos et ceux-ci s'en allaient, la queue entre les pattes.

Heureusement, il n'était pas chasseur pour deux sous et en revenant du jardin par son itinéraire favori, il faisait un détour pour ne pas déranger les oiseaux que nous nourrissions sur la terrasse.

Un jour, alors que ma femme travaillait dans la cuisine et que lui se promenait dehors, il vint miauler de manière insistante en se dirigeant vers le jardin, à plusieurs reprises.
Le temps de le comprendre, elle se laissa mener au bassin où elle vit un oiseau qui était occupé à se noyer. Il avait probablement voulu se baigner, s'était trop abondamment mouillé et ne parvenait plus à s'envoler ni à nager jusqu'à la marche. Sauvé des eaux et posé sur une branche, il reprit ses esprits, sécha et se lissa les plumes avant de s'envoler.
Dès qu’il vit que le problème était résolu, le chat s'en alla, mine de rien, vaquer à ses occupations l'air de dire que lui aussi avait fait sa BA.
(Marcelle et Jacques Crikx)

Birds Bay News N°21, Mars 2004

>Haut de la page