LA BÉCASSE DES BOIS (Scopolax rusticola)

photo bécasse

Oiseau massif, long d'environ 34cm, elle porte un plumage très mimétique, ayant la couleur des feuilles mortes, barres noires transversales sur le sommet de la tête et au cou. Grand oeil très en arrière de sa tête ronde. Elle est caractérisée par son long bec et sa queue courte.
Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Les jeunes individus sont semblables aux adultes, a ceci près que :

  • le jeune a le bord distal des couvertures primaires large (2 à 4mm) et de même teinte que les zones plus claires des plumes;
  • l'adulte a le bord distal des couvertures primaires petit (moins de 1,5mm) et blanchâtre, contrastant avec le reste des zones plus claires des plumes.

Ces critères ne sont évidemment pas visibles lors d'observations courantes. Néanmoins, ils sont aisés lors de l'identification en main des individus transitant par Birds Bay.

photo bécasse


< Traquée…

Chassée avec acharnement, la Bécasse fait hélas l'objet d'une poursuite incessante non seulement pour sa valeur gastronomique mais aussi parce que sa chasse est difficile.
Protégée dans la Région de Bruxelles - Capitale et en Flandres, quand le sera-t-elle en Wallonie ?


Pendant la journée, la Bécasse reste cachée dans les bois humides et se tient tranquille.
Dès qu'on l'approche, elle se couche à terre, en rentrant le cou, pointant le bec vers le sol et restant absolument immobile. Seuls ses gros yeux et son ouïe restent actifs.
Au crépuscule, elle sort de ses fourrés et se rend dans les prairies voisines, dans les marais ou au bord des fondrières pour y pâturer enfonçant profondément dans la terre humide son long bec délicat. Elle sonde au hasard jusqu'à ce qu'elle sente un ver attiré à la surface par son piétinement saccadé. Elle se nourrit principalement d'invertébrés, mais aussi de substances végétales.
Ses yeux si étrangement placés surveillent les alentours du ciel, car elle ne s'en sert pas pour chercher sa proie.
Souvent elle passe la nuit dans les champs et ne retourne au bois qu'au petit jour. Toujours solitaire, vivant pour elle-même et insociable elle n'a de rapport avec ses congénères qu'à l'époque des amours.

Nidification :

Lors du crépuscule, en mars, les Bécasses de passage et celles qui vont nicher se livrent aux manifestations nuptiales. Les mâles survolent les bois et allées forestières et vont à la recherche de femelles.
La « croule » commence. Ce sont de curieux cris bas et sourds, sortant du fond de la gorge. A la nuit, la croule cesse mais elle reprend à l'aube pour quelques instants.
Les femelles, qui restent à terre appellent les mâles par un doux sifflement. Aussitôt l'oiseau tombe auprès de celle qui l'invite, l'entoure d'une parade puis l'accouplement à lieu. Ces oiseaux ne forment pas des couples durables, leurs amours sont libres.

Les petits, nidifuges, sont élevés par la femelle qui niche à même le sol dans des dépressions au milieu de la végétation. Elle fait deux couvées généralement composées de 4 oeufs. L'incubation est assurée par la femelle, elle dure de 21 à 22 jours. A 10 jours, les jeunes peuvent déjà voler, ils deviennent indépendants vers 5 à 6 semaines.

Migration :

Leur migration commence fin septembre et s'arrête en décembre.
Le passage de retour se fait sentir dès la fin février et se termine fin avril, début mai.

Le temps exerce une influence capitale sur la migration de cette espèce. La Bécasse voyage avec le vent dans le dos. Les vents contraires arrêtent complètement le mouvement et les oiseaux font halte en attendant de pouvoir repartir avec le vent en poupe.
Elle émigre de nuit, isolément. La journée, elle fait escale dans les bois de feuillus et de résineux, elle aime les sols humides et frais.

Distribution géographique :

L'espèce habite tout le nord de l'Asie. En Europe elle se reproduit surtout dans les grandes forêts de Russie et de Scandinavie. En Belgique, les principaux bastions de nidification de la bécasse se situent en Brabant et au sud du sillon Sambre-Meuse. En France et en Belgique, elles sont partiellement sédentaires tandis que d'autres ont gardé l'instinct migrateur.
C'est de Russie, de Finlande, des Pays Baltes, d'Europe Centrale que viennent les Bécasses qui passent chez nous.
Vincent Bulteau, Jacqueline Vandervelden

Pour de plus amples renseignements : DEVORT M. (1977). La Bécasse, anatomie, moeurs, migrations, essai de différenciation des sexes en Bretagne. Edition de l'Orée.
Paul Géroudet : Les échassiers, Ed. Delachaux Niestlé

Birds Bay News N°20, Décembre 2003

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