photo jaseur

Jaseur boréal ou jaseur de Bohème

(Bombycilla garrulus)

< Jaseur Boréal ayant séjourné chez Birds Bay.

Avec sa huppe en forme de crête, cet oiseau peut lui aussi rivaliser en beauté avec d'autres espèces.
Son plumage est coloré de plusieurs teintes de brun, de bleu, de gris à la fin de l'hiver; l'extrémité de la queue est jaune ou barrée de bleu, les ailes noires sont piquées de points rouges et jaunes, son ventre est jaune et son masque noir à la Zorro lui confèrent un air plutôt sévère.
C’est un oiseau très grégaire, et lorsqu’on a la chance d’en observer, il est très rare de l'apercevoir seul car il se promène en bandes plus ou moins importantes en hiver.

On le rencontre alors aussi près des habitations où il y a des arbustes à fruits et des petites baies comme les genévriers, les groseilliers où il reste quelques petits fruits séchés. Il ne dédaigne pas non plus quelques insectes qu'il attrape souvent au vol.

Famille:

Bombycillidae. Seul membre de cette famille à vivre en Europe.

Longueur totale:

19 à 22 cm.

Identification:

Cet oiseau des forêts sub-arctiques, de la taille de l’étourneau, est revêtu d’un plumage soyeux d’un gris brun rosé et pourvu d’une huppe, de sourcils et d’une bavette sombres. Les pointes rouges au bord des ailes et la large bande jaune terminale de la queue sont d’autres signes distinctifs de cet oiseau peu farouche à l’allure trapue.

Biotope:

Hôte nicheur des vastes forêts de conifères et de bouleaux du Nord (taïga).

Nourriture:

Les baies forment son aliment principal durant une grande partie de l’année : fruits du sorbier et de l’aubépine, de l’églantier, l’alisier, la viorne, l’épine-vinette, le genévrier, le cotonéaster ainsi que les fruits pourris et les insectes qu’il parvient à capturer au vol à la manière des gobe-mouches. La faible valeur nutritive des baies qui forment l’essentiel de sa nourriture, et la rapidité surprenante de sa digestion, obligent cet oiseau à en consommer en grandes quantités. La nourriture ne fait que transiter 7 à 10 minutes dans estomac et intestins, ressortant à moitié digérée. Ce faisant, le jaseur participe involontairement, par ses fientes, à la dispersion de certains types de plantes.

Nidification:

Le nid est dissimulé dans un sapin, un épicéa ou un bouleau dans une forêt marécageuse, au bord d’une clairière ensoleillée.
La ponte a lieu en juin, généralement 4 ou 5 œufs. Incubation: 14 à 16 jours. Une seule ponte annuelle.

Distribution géographique:

Nicheur en Eurasie septentrionale, en Sibérie centrale, au sud de la Suède et en Finlande, le jaseur boréal ne se rencontre pas tous les ans en Europe occidentale en tant qu’oiseau hivernant. Dans nos contrées c’est un oiseau mythique pour les ornithologues.
Ses déplacements irréguliers dans les zones tempérées ont un caractère d’invasion occasionnel car ils sont provoqués par le manque de baies dans son aire de nidification lors des mauvaises années de fructification ou lorsque la population est trop importante. En hiver, en Suède, les années à bonne fructification de sorbier, il peut y avoir des troupes de 1.000 individus en pleine ville, en janvier/février, même s’il fait –20° à –30°.
A intervalles irréguliers (4 à 7 ans), les jaseurs quittent en grand nombre les pays nordiques, migrent vers le sud et ces invasions atteignent la France et les Balkans.
Ils viennent alors dans les villes et villages à la recherche de baies (sorbier, gui). Il semble que les invasions ne répondent que partiellement à la problématique de surcroît d’effectifs car les pertes en cours de route sont relativement élevées, seul un nombre restreint des oiseaux impliqués dans les invasions retrouvent la toundra reproductrice en mars/avril.
Le jaseur boréal est peut-être le passereau européen dont les invasions attirent le plus l’attention du public en raison du grand nombre de participants, de leur beauté et de leur voix harmonieuse (cris = sorte de trille aiguë «sirrrr» qui résonne comme une petite clochette).

                                 jaseur boréal

Ses apparitions irrégulières, parfois spectaculaires, n’ont pas manqué de frapper l’imagination populaire.
Jadis, ses fuites «migratoires» étaient considérées comme des signes de malheur, annonçant la guerre (d’où son nom en allemand: Seidenschwanz ), la peste (d’où son nom en néerlandais: Pestvogel), ou de grands froids.
La grande confiance de ces oiseaux en font des victimes faciles pour les tendeurs qui les convoitent pour orner leur volière. Quelques oiseaux ont été saisis chez des braconniers.
C’est un oiseau européen, donc intégralement protégé. Cet hiver a connu une mini-invasion: nord de la Hollande, côte ouest de l’Angleterre, Belgique et France (quelques individus).
(Mario Ninnane.
Président de la Commission Ornithologique de Watermael Boitsfort.)

Birds Bay News N°17, Mars 2003

jaseur boréal


< Le 11 janvier, l’un de ceux-ci s’est fait prendre par un chat à Dion Valmont.
Il y eut heureusement plus de peur que de mal et le 26 janvier nous avons pu le relâcher parmi un groupe de ses congénères qui fréquentaient des buissons de viorne pleins de baies.
Espérons qu’il ait maintenant rejoint sa taïga.




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