ALERTE AUX LIMACES !

Les limaces peuvent être considérées à juste titre, comme un des pires ravageurs qui soit au potager.

Précisons néanmoins que la limace la plus spectaculaire, la grande limace rouge, à l’instar de tous les escargots (de Bourgogne, des Jardins, Petits gris etc.) est quasi inoffensive pour vos plantations.

Limace rouge


    Limace rouge >




Toutes ces espèces assez visibles se nourrissent principalement d’algues et de feuilles séchées.

Par contre, les plus petites limaces, les limaces grises et horticoles, qui se délectent de vos jeunes pousses, passent assez souvent inaperçues et elles sont à la base de bien des désagréments.

Distinguons-les :

Les limaces grises (agriolimax agrestis) mesurent de 0,5 à 5 cm, leur couleur va du gris au beige plus ou moins tacheté, elles sécrètent un abondant mucus (bave) blanchâtre laissant des traces brillantes.

Limace tigrée

Les limaces horticoles (arion hortensis) sont plus petites (de 1,5 à 4 cm) et moins visqueuses, elles se différencient par leur couleur noirâtre à l’exception de la semelle du pied qui est orange ou blanchâtre. Ce sont les limaces les plus redoutables pour vos plantations.

Limace horticole

Toutes les limaces sont nocturnes et tributaires de la température et de l’humidité. Elles sont actives à partir de 8° avec un optimum entre 13 et 18°. Durant la journée, elles se cachent dans des endroits retenant cette humidité (sous une pierre, dans des feuilles mortes, etc.).
De septembre à décembre et de mars à mai, elles pondent de 30 à 200 œufs par groupe d’une dizaine.

La règle de base pour tout amoureux de la nature ou plus simplement de toute personne quelque peu responsable doit être de ne jamais utiliser les produits anti-limaces que l’on trouve si aisément dans le commerce.

Quelles que soient les publicités, il n’existe aucun de ces produits qui soit écologiquement acceptable. Non sélectifs, ils éradiquent plus certainement les escargots que les limaces.

Ces produits contiennent pour la plupart des métaldéhydes (comme dans les briquettes allume BBQ) et sont extrêmement toxiques pour l’ensemble de la faune sauvage et domestique, du chat à l’oiseau, en passant par le chien et l’enfant.
Ils se concentrent dans les chaînes alimentaires et tuent en grand nombre, (même utilisé à faibles doses) les ennemis naturels des limaces : carabes, crapauds, grives, merles, musaraignes, hérissons jusqu’aux rapaces qui s’en nourrissent.

Toutes les années ne sont pas des « années à limaces », mais en cas de besoin voici un ensemble de mesures qui ont déjà été testées avec un certain succès.
Aucune de ces mesures n’est efficace à 100%, mais leur conjonction permet de cultiver valablement.
De toute façon, il n’est pas nécessaire de les supprimer jusqu’à la dernière.
Il est bien d’intégrer son potager dans un jardin sauvage car plus il est naturel, plus il sera équilibré de lui-même, moins vous aurez à intervenir. Entre un potager inséré dans un jardin sauvage et un potager aseptisé classique, il n’y a pas photo, le second sera un désert biologique façonné à coups de produits chimiques alors que le premier sera une parcelle de paradis qui vous émerveillera tous les jours.

Afin de perturber le mouvement des limaces on peut garnir le sol de substances abrasives telles qu’épines de pins ou de la cendrée.
Attention cependant: le pin acidifie le sol et la cendrée n’est efficace que lorsqu’il fait sec.
Des feuilles fanées de chêne disposées auprès des plantations écartent assez durablement les limaces (il faut donc stocker à cet effet des feuilles de l’automne précédent). Les limaces pondent dans le sol.
On peut en binant fréquemment détruire leurs pontes en ramenant les œufs à la surface du sol. De plus le binage est très favorable pour vos plantations.
Lorsqu’on arrose, il faut veiller à ne pas détremper le sol. Arroser les plantes juste à leur base, on utilise moins d’eau et l’on attire moins les limaces.
On peut récolter les limaces, animaux nocturnes, en posant à proximité de ses légumes des planchettes et ou des cartons humides sous lesquels elles se réfugieront le jour venu. Plus efficace encore, poser des épluchures d’agrumes qui les attirent immanquablement. Il vous reste alors soit à occire ces animaux en les noyant dans un récipient d’eau, soit à les évacuer (pas chez votre voisin!)

Le piège à bière

Excellent exemple de piège sélectif : elles vont s’y noyer d’un cœur léger.

Réalisation :

  • Coupez le bas de vos bouteilles en plastique sur une hauteur de 4, 5 cm,
  • enfoncez-les dans le sol,
  • versez-y un fond de bière,
  • recouvrez-les d’une pierre.
  • Plongez-y un fétu de paille qui permettra aux insectes, dont les carabes, de se dégager de ce piège.

Quant aux limaces, elles s’enivreront à mort, leurs cadavres pourront être déposés auprès des plantes à protéger, car ils génèrent une odeur répulsive pour leurs consœurs.
Ces « limaces à la bière » sont tout à fait consommables pour les prédateurs.


Certains canards : le Kaki Campbell et les Coureurs indiens se délectent des limaces, sans toucher à vos plantations.

Avant tout :

  • Gardez dans votre potager des éléments naturels tels qu’une plate-bande gazonnée, des buissons : les limaces qui mangent aussi « autre chose » que vos légumes y trouvent en partie de quoi se nourrir et surtout, ces zones hébergent des prédateurs naturels pour celles-ci.

  • Bordez vos plates-bandes de rangées de fleurs : les soucis écartent les nématodes (vers blancs), les tagètes écartent les pucerons et les limaces n’apprécient guère l’odeur et la saveur de la bourrache, cette plante aux jolies fleurs bleues.

  • Intercalez dans vos plantations des rangées d’oignons : leur odeur peu appréciée par nos limaces masque l’odeur de bien des plantes dont elles aiment se reparaître (la limace « chasse » à l’odorat et tout ce qui la contrarie est bénéfique)

  • Protégez vos jeunes pousses sous une bouteille en plastique : cette méthode est extrêmement efficace.
    D’une part, la bouteille fait office de serre, la plante est protégée des grands vents, de la curiosité des oiseaux et des chats… de plus l’obstacle fatigue vite les limaces et elles ne peuvent les humer.

  • On peut protéger les plantes les plus sensibles par un ensemble de rigoles contenant de l’eau: les limaces recherchent l’humidité, mais ne nagent pas, ce système permet de créer une surface exempte de limaces à condition que l’eau ne s’évapore pas.

  • Il existe maintenant dans le commerce des barrières contre les limaces :
    Electriques qui les tuent.
    A la forme particulière, infranchissable pour les limaces.

Encore assez coûteuses, ces techniques permettent néanmoins d’interdire définitivement des petites parcelles du potager aux limaces (intéressant pour les semis ou pour les plantes très délicates).

Autres conseils

Tout d'abord il est préférable de :

  • Respecter les distances de plantation afin d'assurer une bonne aération.
  • Eviter les excès d'humidité et d’ombrage.
  • Enlever les débris végétaux.
  • Éviter les apports excessifs de matières organiques.
  • Bêcher le sol avant l'hiver pour déterrer les oeufs.

Ensuite, vous pouvez utiliser une solution à base de prêle plante qu’on trouve un peu partout dans les talus .
La prêle a un effet répulsif sur certains ravageurs des plantes comme les limaces, et les pucerons.

Comment préparer la solution :

Faire sécher tiges et feuilles de prêle
Les émietter
En mettre environ 15 grammes dans 1 litre d’eau.
Faire macérer pendant une dizaine d’heures dans un récipient couvert
Puis faire bouillir le mélange un quart d’heure.
Filtrer et diluer dans 5 litres d’eau.

La préparation est bonne pendant environ un mois si vous la conservez à l’abri de la lumière.
Pour lutter contre les limaces, il vous faudra pulvériser les plantes et le sol tout autour de celles-ci.
Bon, je vous l’accorde, c’est un peu de travail en plus, mais pensez donc à toutes ces sympathiques petites vies sauvées.

D’après un article de Michel Moreels de la Commission de l’Environnement de Bruxelles et Environs (CEBE) avec la collaboration de Jean-Philippe Coppée pour les données biologiques.
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