Dans l’esprit de l’amateur de jardinage, les taupes et les campagnols sont des petits mammifères nuisibles. Il est donc primordial de les éliminer sans la moindre pitié. La confusion est inquiétante car la taupe est loin d’être un animal à pourchasser puisqu’il s’agit d’un important allié du jardinier.

Taupes:

La Taupe se trouve partout où la terre est meuble et riche en vers, larves ou insectes. Elle recherche une terre fraîche mais pas constamment humide.
Néanmoins, elle craint moins une certaine humidité que la chaleur et la grande sécheresse. En réalité, le froid et le gel font varier ses habitudes car la taupe ne fait que suivre les mouvements de ses proies.
Ce phénomène s’observe aisément dans nos jardins ou dans les prairies : après la fonte des neiges, dès que le sol est redevenu frais, on voit les taupinières émerger et de même sous la neige. Par contre, durant un été très chaud et très sec, la taupe se fait très discrète car les vers et larves se sont enfoncés dans le sol.

Pourvue d’un grand appétit, sa nourriture est en majorité carnée. Elle comprend les vers de terre, les larves d’insectes très nuisibles comme les taupins ou courtilières, les insectes divers, les petites limaces et même de temps en temps un campagnol car la taupe ne supporte pas d’avoir de la visite dans ses galeries.

Contrairement à une idée largement répandue, la taupe ne grignote pas les racines, mais il arrive cependant qu’elle les coupe ou les brise lorsque ces dernières lui bloquent le passage. Il faut pourtant savoir que cette terre expulsée du sol par la taupe est excellente pour le rempotage des plantes d’intérieur ou de balcon.

Campagnols:

Le campagnol terrestre, que l’on dénomme aussi « rat taupier » ou « rate » est contrairement à la taupe, une véritable plaie au jardin et surtout s’il s’agit d’une importante population. Ce petit animal a l’allure d’une souris et certaines années on peut assister à de véritables invasions, qui causent de gros dommages aux plantations de vivaces, d’arbustes, de bulbeuses et de rosiers. Si le rat taupier trouve une ligne de jeunes fruitiers, vous risquez de vous retrouver rapidement devant non plus des arbres, mais des tuteurs dont la base aura été taillée en biseau par les dents affûtées du campagnol. Peu réjouissante situation, avouez-le.

Comment éloigner les taupes ?

Alors que les taupes sont intégralement protégées en Allemagne, chez nous elles sont toujours victimes des jardiniers et des taupiers qui les éliminent avec frénésie.

Il existe pourtant de nombreuses solutions écologiques pour éloigner ces animaux des zones sensibles sans leur faire de mal.
La première consiste à creuser un trou de 40 x 40 centimètres et d’y verser un kilo de coquilles de moules.
L’odeur de décomposition éloignera les taupes sur une surface de plus au moins 100 m. L’efficacité de ce truc est de l’ordre de 60 % et dépend fortement de la structure du sol.

Vous pouvez aussi vous rendre chez un toiletteur pour chiens et lui demander un sac de poils de chien non shampouinés. Vous placerez une touffe de poils dans les galeries et vous constaterez rapidement que les taupes vont fuir l’endroit, car elles n’apprécient pas du tout l’odeur du prédateur.
Depuis quelques temps, il est impossible de se procurer dans les jardineries un produit non toxique: le MOL stop (pour ne pas le citer) composé de petites pierres dégageant une forte odeur de moutarde.
En respectant scrupuleusement les conseils d’utilisation formulés par le fabricant, le produit est d’une bonne efficacité.
Par contre, n’agissez pas comme ces personnes qui vantent de savoir éloigner les taupes de leur jardin en versant des litres et des litres de pétrole ou d’huile de vidange dans les galeries. Il ne s’agit pas de jouer au pollueur ! Insérer des branches épineuses ou des morceaux de verre dans les galeries pour provoquer la mort de la taupe par hémorragie et un système totalement inutile car contrairement à une idée qui circule généralement la taupe n’est pas du tout hémophile et cicatrise très vite. De surcroît il s’agit d’une méthode on ne peut plus cruelle et donc inacceptable !

Et les campagnols ?

Les galeries se trouvant à fleur de terre sont l’œuvre des rats taupiers. Ces derniers ne les empruntent qu’une ou deux fois et il est parfaitement inutile d’y déposer des granulés empoisonnés.
Non seulement inutile mais très dangereux car d’autres animaux, hérissons, musaraignes, pour ne citer que deux exemples, risquent de les ingurgiter et d’en mourir.
Optons plutôt pour un système répulsif et ici c’est le purin du sureau qui semble le plus efficace.
La recette de ce purin est très simple: 1 kg de feuilles de sureau sont mises à macérer dans 10 litres d’eau pendant 10 jours. Pas besoin par la suite de le diluer: versez-le pur dans les galeries.
Son odeur provoque la fuite quasiment instantanée de ces petits mammifères indésirables.
Une haie composée de sureaux plantés très serrés de façon à obtenir un réseau de racines denses est aussi un moyen de maintenir les campagnols à distance.
Et puis, bien entendu, il est précieux d’aménager son jardin pour qu’il soit accueillant pour la faune sauvage indigène et notamment pour les belettes.
Les hérissons croquent de temps à autre un rat taupier, tandis que les rapaces diurnes et nocturnes en font généralement une grande consommation, de même d’ailleurs que l’ami Goupil. Autant le savoir !
(Marc Knaepen)

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